Les jeunes diplômés doivent se projeter dans leur avenir professionnel et préparer leur insertion sur le marché de l’emploi. Aujourd’hui, cela ne passe plus uniquement par la recherche d’un emploi conforme aux compétences, qu’ils ont acquises au cours de leur cursus.
Travailler moins, une aspiration des plus jeunes générations
Dans tous les secteurs d’activité, les jeunes générations expriment leur ambition de mieux concilier vie perso et vie professionnelle que leurs aînés. Cela semble évident dans le domaine de la santé, où très peu d’étudiants rêvent de reprendre les habitudes du traditionnel médecin de famille, mais cela se vérifie également pour le secteur du numérique, du commerce ou de l’encadrement. Il ne s’agit pas, pour les étudiants actuels, de se désengager de leur activité professionnelle, mais bien de travailler moins. Les expérimentations sur la semaine de 4 jours attestent que cette ambition de réduire le temps de travail séduit de plus en plus d’actifs mais aussi d’entreprises.
En revanche, pour celles et ceux étudiant actuellement pour s’insérer sur le marché du travail, cette baisse du temps de travail ne doit pas se faire n’importe comment et à n’importe quelles conditions. C’est ce qu’explique Julia Posca, sociologue et chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS)
Ce n’est pas tout de travailler moins, il faut surtout travailler mieux : se demander si ce que l’on fait a une réelle utilité sociale, si l’organisation qui nous emploie respecte les individus, les valeurs qu’on défend etc.
Une activité professionnelle qui fait sens, une autre ambition majeure
Diminuer le temps de travail ne doit se concevoir, pour les actifs comme pour les étudiants, qu’en décorrélant cette diminution de la recherche permanente de productivité. Cette réduction doit avant tout s’attaquer à « la souffrance au travail ». les jeunes diplômés » veulent non seulement s’insérer sur le marché professionnel, en trouvant un emploi qui corresponde au titre RNCP ou au diplôme qu’ils viennent d’obtenir.
Mais ils ambitionnent également de pouvoir exercer leurs missions au sein d’une entreprise, avec laquelle ils partagent des valeurs, des engagements. Les étudiants de Cogefi se préparant à l’obtention du Bachelor Ressources Humaines sont formés à ces nouvelles attentes des salariés. La « marque employeur » devient un critère de sélection au même titre que les conditions de travail ou la rémunération proposée.
Il pourra s’agir de l’engagement de l’entreprise dans le domaine du développement durable, de la protection environnementale, ou encore dans ses stratégies déployées pour la mise en œuvre de la RSE (Responsabilité Sociétale des entreprises).
Jeunes diplômés – Recruteurs : qui a le pouvoir de décision ?
Le rapport de force entre les salariés et les directions des ressources humaines s’est profondément transformé ces dernières années. Ces nouvelles aspirations des jeunes générations a notamment conduit les entreprises à les intégrer à leur stratégie de développement. Aujourd’hui, soigner sa marque employeur fait partie des objectifs assignés au service RH, d’autant plus que l’on connait le pouvoir d’influence que peuvent porter ces futurs collaborateurs.
Mais les équipes de direction et d’encadrement, œuvrant aujourd’hui au sein des entreprises, ont également tendance à se rajeunir et à partager ces nouvelles aspirations, renforçant un peu plus cette transformation.
Enfin, parce que la France ambitionne de retrouver le plein-emploi dans un avenir proche, les tensions existantes sur le marché du travail ont tendance à se renforcer. Certains profils se font rares, et le choix n’appartient plus alors aux recruteurs mais aux jeunes diplômés qui peuvent « choisir » leur futur emploi en fonction de critères, parfois bien éloignés des seules compétences professionnelles.





