Entreprise d’accueil et alternance : des menaces pour les étudiants ?

Entreprise d'accueil et alternance

Alors que l’alternance séduit davantage d’étudiants chaque année, des menaces se font sentir sur cette forme pour suivre ses études supérieures. Entre les difficultés constatées pour trouver une entreprise d’accueil et le contexte économique morose, trouver un contrat d’alternance pourrait devenir un véritable parcours du combattant pour les étudiantes et les étudiants. 

Choisir la voie de l’alternance, une voie de plus en plus séduisante et attractive ?

Vous connaissez la tendance enregistrée par l’alternance depuis quelques années, et plus encore depuis la crise sanitaire du coronavirus. Les étudiantes et étudiants sont ainsi de plus en plus nombreux, chaque année, à espérer pouvoir étudier par alternance. D’un autre côté, de nombreuses entreprises, indépendamment de leur taille et de leur secteur d’activité, ont pu prendre conscience des avantages de ces modalités si singulières d’étudier. En effet, les avantages financiers, accordés pendant la crise sanitaire, ont attiré des entreprises, qui étaient jusque-là plutôt réservées. Toujours est-il que désormais, l’ambition d’atteindre un million de contrats d’alternance par an ne parait plus aussi idéaliste, que cela a pu apparaître il y a quelques années. A l’hiver 2024, la ministre chargée du Travail et de l’emploi, Mme Astrid Panosyan-Bouvet, se félicitait en soulignant le passage « « De 295 000 nouveaux contrats d’apprentissage signés en 2017, à près de 880 000 nouveaux contrats en 2024 »

On comprend les intérêts de chacune des parties à privilégier ce choix. Pour les étudiants, signer un contrat de professionnalisation et / ou un contrat d’apprentissage assure un mode de financement pour ses études supérieures, une première expérience professionnelle significative et un renforcement de la capacité à s’insérer sur le marché du travail, une fois le parcours de formation terminé. Pour les entreprises, accueillir un alternant offre un avantage économique (même si les aides publiques ont été fortement limitées ces dernières années), mais contribue également à trouver des profils compétents et à s’engager sur une insertion longue. A l’heure où certains secteurs d’activité peuvent connaitre des pénuries de compétences, l’alternance peut donc apparaître comme un levier de gestion des ressources humaines pertinent et adapté. 

Pourtant, tout n’est pas aussi idyllique tant pour les entreprises que pour les apprenants, et des enjeux se posent pour continuer à conserver tous les avantages des études en alternance. 

La signature d’un contrat d’alternance, des difficultés accrues pour les étudiants

En premier lieu, les alternants (anciens ou actuels) attestent tous des difficultés rencontrées pour trouver une entreprise d’accueil. En effet s’inscrire en BTS en alternance ou en mastère suppose non seulement de bien choisir son Institut de Formation ou son école d’enseignement supérieur, mais exige également de trouver une entreprise d’accueil avec laquelle signer ce contrat. C’est ce que confirme une vaste étude conduite par l’Apec et publiée en Mars 2025.

Plus de deux alternants sur trois (67 %) estiment que trouver cette entreprise d’accueil a été difficile. 

Un étudiant sur 4 (24 %) considère même que cette recherche a été « très difficile ». Pour les auteurs de l’étude, ces difficultés peuvent pénaliser les étudiants. Ils ne disposent pas du temps nécessaire avant la rentrée universitaire pour se détendre, pour réviser ou pour travailler (pour financer une partie de leur scolarité). En outre, chercher une entreprise pour une alternance conduit la très grande majorité des étudiants à multiplier les dossiers de candidature, et donc les réponses négatives. Cela peut conduire certains à se dévaloriser et / ou à une perte de motivation.  L’enquête le souligne. Un candidat sur deux (47 %) a candidaté au moins 20 fois. 

Les recommandations de cette étude sont sans appel. Il est conseillé aux étudiants de commencer leur recherche d’une entreprise d’accueil bien plus tôt. Cela peut également rendre la démotivation encore plus importante, et cette recherche anticipée peut même être impossible, notamment pour les lycéennes et lycéens étant engagés dans les mois précédant leur rentrée universitaire dans le complexe parcours sur Parcoursup. Les auteurs conseillent cependant de se lancer dans la recherche d’une entreprise d’accueil 6 mois avant de rentrer en formation soit en mars-avril pour une rentrée en septembre. C’est d’autant plus important, qu’à la mi-juin, une grande partie des entreprises ont déjà finalisé leur projet de recrutement pour la rentrée de septembre. L’étude de l’APEC souligne même que 77 % des grandes structures ne recrutent plus d’alternants à partir du début de l’été. 

Multiplier les canaux de prospection pour maximiser les opportunités

Enfin, l’étude conclut également de la nécessité de diversifier ses canaux de candidature. LinkedIn, des sites d’offres d’alternance spécialisés, le réseau personnel ou celui de ses proches ou encore son Institut de formation. Ainsi, spécialiste de l’alternance depuis sa création en 1988, CFA Cogefi Formation a sur tisser un réseau de partenariats avec plus de 300 entreprises. Connaisseuses des avantages et des atouts de l’alternance, ces entreprises partenaires peuvent alors être mobilisées par les équipes pédagogiques de CFA Cogefi Formation pour aider les étudiantes et les étudiants.

Un avenir sombre pour les études en alternance ?

Pour les étudiants, connaissant ces difficultés, il est essentiel de poursuivre les efforts, puisque légalement parlant, ils disposent de 3 mois après leur entrée en formation pour trouver une entreprise d’accueil. Si certains peuvent se décourager et décider de rejoindre la voie initiale, d’autres persistent avec succès. Il peut être encore plus pertinent de faire appel à des réseaux extérieurs notamment ceux de CGA Cogefi Formation dans ces situations extrêmes. 

Une autre difficulté doit également être soulevée pur les alternants de 2026 et des années suivantes. En effet, deux phénomènes peuvent laisser prévoir un durcissement des conditions pour trouver une entreprise d’accueil. D’une part, les entreprises, principalement lorsqu’il s’agit de PME et TPE, considèrent le recrutement d’un alternant comme un levier RH. Aussi, la concrétisation d’un projet n’est pas immédiatement suivi d’un autre projet de recrutement. Aussi, les offres d’alternance peuvent-elles être appelées à se réduire. 

D’un autre côté, le désinvestissement des autorités publiques (suppression des aides, …) a franchi un nouveau pallier en 2025. Depuis le 1er juillet 2025, les entreprises accueillant un alternant d’un niveau minimum BAC + 3 doivent s’acquitter, chaque année, d’une prime de 750 €. Dans une note publiée le 11 septembre dernier, l’INSEE a souligné que ce surcout pourrait conduire à la suppression de 65.000 contrats d’alternance d’ici la fin de l’année 2025. Certes, cela ne concerne pas aujourd’hui les étudiants en BTS par alternance, mais cela peut également inciter de nombreuses entreprises à revoir leur stratégie en matière de gestion des ressources humaines.